Le Père Noël est…

 

Si le Père Noël est né en Europe du Nord, c’est aux États-Unis que sa popularité commence à réellement croître au cours du XIXsiècle, sous le nom de Santa Claus, dérivé du néerlandais Sinterklaas (saint Nicolas). La saison étant propice aux belles histoires, tour d’horizon des origines de ce personnage traditionnel.

 

L’histoire débute au Moyen Âge, lorsque l’Église catholique œuvre pour éradiquer les figures païennes ancestrales comme Julenisse, un lutin nordique (paré d’une longue barbe blanche, d’un bonnet et de vêtements rouges en fourrure) qui apportait des cadeaux à la fête du milieu de l’hiver, le dieu celte Gargan (à l’origine du Gargantua de Rabelais) ou encore le dieu viking Odin, qui descendait sur Terre pour offrir des cadeaux aux enfants scandinaves. Pour ce faire, rien de plus simple : les remplacer par des saints.

Au IVsiècle, Nicolas de Myre, un évêque de l’Empire d’Orient, est renommé pour sa charité et sa foi combative. Il est le protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles, et de nombreux miracles lui sont attribués. Le jour de sa naissance, il se serait ainsi tenu debout tout seul, droit sur ses jambes. Autre hagiographie intéressante : « Apprenant qu’un père n’a pas de quoi fournir une dot de mariage à ses trois jeunes filles et qu’il n’a d’autre moyen de survivre que de les livrer à la prostitution, Nicolas jette des bourses pleines d’argent dans leurs bas qu’elles avaient mis à sécher sur la cheminée. Grâce à lui, le père peut préserver l’honorabilité de ses filles et de son nom afin de leur assurer un mariage respectable. C’est pour commémorer ce geste qu’à la Saint-Nicolas, les enfants reçoivent une orange, anciennement appelée pomme d’or » (source : Nicolas de Myre, Wipikedia.org). Il aurait aussi sauvé trois officiers (ou notaires), que la légende transformera ensuite en enfants tués par un boucher, puis ressuscités sept ans plus tard. C’est ce dernier miracle qui lui vaut d’être présenté comme saint Nicolas, le saint protecteur des tout-petits. Il serait décédé le 6 décembre 343 et fut enterré à Myre, où ses ossements furent dérobés au XIsiècle.

En guise de commémoration, un personnage paré tel un évêque – portant une grande barbe, une crosse, une mitre et un grand vêtement à capuche – va, le 6 décembre de chaque année, de maison en maison pour récompenser les enfants sages. Notons que le Père Fouettard, chargé de punir les enfants désobéissants – peut-être en mémoire du boucher assassin de la légende – ne fait son apparition que plus tard (au XVIsiècle).

Lors de la Réforme, au XVIsiècle, la situation change de nouveau : les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l’enfant Jésus. Aux Pays-Bas, saint Nicolas se transforme alors en un personnage semi-laïc, Sinterklaas, grâce à l’influence des huguenots. Avant de devenir Santa Claus, il aurait traversé l’océan Atlantique, suivant les premiers colons hollandais à New York (d’ailleurs autrefois appelée Nouvelle-Amsterdam).

En 1821, le livre A New-year’s present, to the little ones from five to twelve (Un Cadeau pour le nouvel an aux petits de cinq à douze ans) est publié à New York : il contient le poème anonyme Old Santeclaus qui décrit un vieil homme qui apporte des cadeaux aux enfants sur un traîneau tiré par des rennes.

Le 23 décembre 1823, le journal Sentinel de Troy, dans l’État de New-York, publie anonymement le poème A Visit from Saint Nicholas (attribué au pasteur américain Clement Clarke Moore) : saint Nicolas y est présenté comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes – nommés respectivement : Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet), Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen).

Vous vous en doutez, ce poème jouera un rôle très important dans l’élaboration du mythe actuel. Il est repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.

Ce n’est qu’au XXsiècle que le terme « Père Noël » apparaît en France. Aujourd’hui, quel que soit son nom à travers le monde*, il a pour rôle de distribuer des cadeaux aux enfants sages, voyageant de maison en maison sur un traîneau tiré par des rennes (sauf en Australie où il voyage sur une planche de surf) et est aidé par des lutins pour préparer les présents.

 

Pour découvrir encore plus de détails sur les origines du Père Noël, vous pouvez visiter les pages Wikipedia Père Noël, Saint-Nicolas (fête) et Nicolas de Myre.

* On le nomme « Homme-Noël » en Allemagne ; « saint Basil » en Grèce ; « Grand-père Noël » en Albanie, en Bulgarie, en Corée du Sud, en Croatie et en Lituanie ; « Baba Noël » en Égypte, en Iran, en Irak, en Israël, en Syrie et au Liban ou encore « vieil homme de Noël » en Inde, par exemple.

 

 

Ce billet est une belle occasion de vous souhaiter à tous d’excellentes fêtes de fin d’année, que vous croyiez ou non au Père Noël… et que vous ayez été sages ou non !

 

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